Malgré une forte sécheresse, distribution normale sur la quasi totalité du réseau de la SWDE

La station de la Transhennuyère à Gaurain-Ramecroix

L’été 2022 aura été marqué par une longue période de sécheresse avec un mois d’août qui a battu tous les des records en la matière. Ces conditions difficiles n’ont globalement pas perturbé la distribution d’eau pour l’essentiel des communes du réseau de la SWDE.

L’alimentation en eau s’est déroulée normalement en cet été 2022 pour 174 des 190 communes partenaires de la SWDE, grâce notamment aux efforts déployés par les équipes sur le terrain pour ajuster la production et le transport des volumes d'eau aux pics de consommation enregistrés.

C'est aussi grâce au fait que la distribution d’eau en Wallonie a la chance de pouvoir puiser dans les abondantes réserves que constituent nos nappes phréatiques. Celles-ci ont connu de surcroît, à l’issue de l’automne/hiver 2021-2022 la meilleure recharge hivernale de ces cinq dernières années.

Ces volumes d'eau, qui se renouvellent chaque année, représentent quasiment le double de ce que nous consommons annuellement.

Là où ces nappes font défaut, le réseau de la SWDE est alimenté par les grandes réserves de surface que constituent les barrages d’Eupen, de la Gileppe, de Nisramont et du Ry de Rome. A la sortie de cet été, il restait dans ces barrages au moins deux mois de production normale pour l’alimentation des réseaux de distribution qui en dépendent.

Par prudence, une consigne de modération de la consommation a néanmoins été prise pour 12 communes alimentées depuis le barrage de Nisramont.  A la mi-août, celui-ci avait atteint son niveau historiquement le plus bas.

Mais, comme le montre la carte ci-dessous, les imposantes réserves d'eau wallonnes ne couvrent pas l'ensemble du territoire  régional.

En gris sur la carte : les zones où les accumulations d'eau sont faibles. Lorsque l'alternative d'importants stickage de surface n'existe pas, la zone risque de manquer d'eau en cas de forte sécheresse (source SPW)

Les difficultés récurrentes du centre Ardenne

Les communes de Beauraing, Houffalize, Jalhey et Vielsalm ont fait l’objet d’une attention particulière, qui s’est traduite durant les mois d’août et de septembre par une recommandation d’usage raisonnable de l’eau de distribution en la limitant aux usages essentiels. Ces communes se trouvent dans une zone où les difficultés sont récurrentes. Il n'y a pas de nappes phréatiques à proximité (zones grise sur la carte). L'alimentation en eau repose sur des petits captages locaux, souvent en difficulté en période de sécheresse.

Pour ces communes, la SWDE a dû pallier la baisse de rendement des captages locaux par des volumes d’appoint dans les châteaux d’eau acheminés par camions. Les recommandations d’usage raisonnable de l’eau visaient à éviter un recours excessif au transport d’eau par camion.

La SWDE toujours pris le parti d’assurer la continuité du service pour les communes de son réseau et mobilise et n’hésite donc pas à mobiliser de tels moyens là où des risques de manque d’eau peuvent survenir.

Les volumes d’eau transportés par camions ont représenté cet été un total de 129.000 m³.  Ils étaient de 128.000 m³ en 2020, 64.000 m³ en 2019 et 74.000 m³ en 2018 (en 2021, les transports par camions ont surtout servi à surmonter les difficultés liées aux inondations). On le voit, les sécheresses estivales ont été très marquées en 2020 et 2022.

Des solutions d’avenir

La SWDE investit  pour permettre à ces communes de sortir de cette situation de « stress hydrique » liée à l’impact de la sécheresse sur le rendement des captages locaux, couplé en général à une augmentation des consommations avec l’activité touristique.

Les investissements permettant par exemple la sécurisation de Beauraing avec des eaux en provenance des carrières de Florennes, résultat d’un partenariat entre la SWDE et l’INASEP, seront achevé en 2023. La fin des travaux permettant de sécuriser Vielsalm depuis la station de traitement des eaux de la Gileppe à Stembert est prévue pour 2025.

C’est ce même plan d’investissement qui a permis cette année de mettre en service une alimentation complémentaire de la zone de Durbuy – Rendeux (là aussi les captages locaux ne fournissent pas les volumes suffisants), non plus depuis le barrage de Nisramont, mais depuis le captage du Néblon grâce à un partenariat entre la SWDE et la CILE. Ceci a permis d'éviter que la situation à Nisramont ne devienne critique.

Ces investissements s’inscrivent dans un projet de sécurisation de l’approvisionnement en eau de l’ensemble du territoire de la Wallonie et permettant en tout point l’acheminement de volumes supplémentaires équivalent à 30% de la consommation normale, à partir d’une ressource alternative. La réalité géologique implique qu’en ce qui concerne le Centre Ardenne, les alternatives se trouvent parfois à plusieurs dizaines kilomètres.

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