L'eau et les PFAS, que faut-il savoir?

Les PFAS dans l'eau de distribution

1. L’eau de distribution est-elle potable ?

Une eau distribuée est potable dès lors qu'elle répond à des exigences de qualité définies à l'échelon européen, puis transcrites dans la législation de chaque Etat membre. Et donc, oui, l’eau de distribution en Wallonie est potable dans le sens où elle répond aux normes sanitaires arrêtées par la Région wallonne. Ces normes font régulièrement l’objet de révisions comme cela vient d’être le cas notamment concernant les PFAS. 

À ce jour, le niveau de PFAS sur l’ensemble des réseaux de la SWDE est en-dessous de la future valeur paramétrique (norme de potabilité) de 100 nanogrammes par litre (ng/l).

2. Quelles sont les normes en PFAS dans l’eau de distribution ?

Les normes concernant les PFAS dans l’eau de distribution sont récentes. Vu l’évolution des connaissances scientifiques, le 16 décembre 2020 une directive européenne 2020/2184 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine a imposé de respecter à partir de 2026 une valeur paramétrique de 100 nanogrammes (c’est-à-dire 1/10.000.000ème de gramme) par litre pour la somme des concentrations mesurées de 20 PFAS spécifiquement identifiés dans la directive.

A titre de comparaison, les teneurs maximales de PFAS dans des denrées alimentaires sont établies comme suit

        Denrée                                                                                       somme des 4 PFAS*

  • Œufs                                                                                                          1.700 ng/kg
  • Chair de poisson destinée à l’alimentation des nourrissons        2.000 ng/kg
  • Viandes                                                                                                     1.300 ng/kg
  • Gibiers                                                                                                       9.000 ng/kg

* PFOS, PFOA, PFNA et PFHxS

En ce qui concerne le lait, l’Agence Fédérale pour la sécurité de la Chaîne Alimentaire (AFSCA) émet une recommandation de 6.000 nanogrammes/kg pour le PFOS et de 60.000 nanogrammes/kg pour le PFOA. Pour plus de renseignements ici.

3. Y a-t-il une norme en vigueur en Wallonie en matière de PFAS dans l’eau ?

Pas encore. La norme entrera en vigueur le 12 janvier 2026.

La Wallonie a transposé la directive 2020/2184 en 2023 avec un décret du 20 avril 2023 et un arrêté du Gouvernement wallon du 1er juin 2023.

Cet arrêté modifiant diverses dispositions en ce qui concerne la qualité de l’eau destinée à la consommation humaine est entré en vigueur le 6 octobre 2023.

Il prévoit qu’au plus tard le 12 janvier 2026, les mesures nécessaires soient prises pour garantir que la teneur en PFAS ne dépasse pas 100 nanogrammes/litre dans les eaux destinées à la consommation humaine.

4. On a souvent comparé les normes américaines avec celles de l'Union européenne. Quelles sont ces normes ? 

A ce jour, il n’y a pas de normes US fédérales. L'EPA (« Environment Protection Agency) propose des recommandations de seuils à respecter pour seulement 2 PFAS: les PFOS et les PFOA.

De son côté, l'Union européenne instaure à partir de 2026 un seuil de 100 nanogrammes par litre pour la somme des concentrations de 20 PFAS (dont les PFOA et les PFOS).

Les PFAS dans l'eau distribuée en Wallonie

CHIÈVRES

5. L’eau distribuée à Chièvres respecte-t-elle la future norme PFAS de 100 nanogrammes/litre ?

Oui, comme les analyses d'un laboratoire accrédité en attestent, l’eau distribuée à Chièvres respecte non seulement la législation actuelle en matière de qualité de l’eau mais également la future norme PFAS de 100 nanogrammes/litre.

6. Quelle solution a été mise en place pour diminuer le taux de PFAS constaté au puits P1 de Chièvres ?

La SWDE a installé, sur le site de captage du puits P1 de Chièvres, un traitement de filtration sur charbon actif. Le charbon actif présente un fort pouvoir adsorbant, c’est-à-dire qu’il retient à sa surface certaines molécules (dont les PFAS) qui entrent en contact avec lui.

L’efficacité du traitement par charbon actif est surveillée et évaluée au cours du temps. Le charbon actif subit un traitement de régénération dès que sa capacité d’adsorption commence à décroitre.

7. Pourquoi n’y a-t-il pas zéro PFAS dans l’eau ?

Le traitement au charbon actif de l’eau du puits de Chièvres permet de réduire fortement les concentrations en PFAS. Il reste une teneur en PFAS 4 fois inférieure à la future norme de 100 nanogrammes par litre.

8. Est-ce que les PFAS les plus préoccupants sont encore présents dans l’eau du robinet ?

Non. Les analyses font apparaître des valeurs pour le PFOA, PFNA, PFHxS et le PFOS inférieures à un nanogramme par litre.

L’eau distribuée à Chièvres respecte non seulement la future réglementation mais également les recommandations sanitaires qui sont encore plus strictes.

La recommandation de l’EFSA (l’autorité européenne de sécurité sanitaire) prévoit que la concentration cumulée des 4 molécules PFAS les plus préoccupants ne dépasse pas 4 nanogrammes/litre.

A Chièvres, les concentrations mesurées pour les 4 PFAS les plus préoccupants sont inférieures à un nanogramme par litre, c’est-à-dire en-dessous des limites de détection des appareils de mesure.

9. Pourquoi les valeurs publiées aujourd'hui pour Chièvres ont baissé par rapport à celles figurant dans les rapports publiés précédemment ?

Toutes les valeurs publiées depuis novembre sont en dessous de la future norme de 100 nanogrammes par litre.

Les données disponibles sur le site internet www.swde.be pour les PFAS représentent une valeur médiane pour les résultats des analyses réalisées depuis septembre 2023, date du démarrage du monitoring régional. 

Les valeurs publiées précédemment pour Chièvres et, plus largement, la zone de distribution n°1098 étaient la valeur médiane des résultats enregistrés au cours des 12 derniers mois.  Elles englobaient donc également les analyses faites avant la mise en place des filtres à charbon actif à la sortie du captage de Chièvres et étaient donc peu représentatives de la situation actuelle. 

Les valeurs publiées pour les PFAS continueront donc à évoluer. Elles seront représentatives de la qualité de l'eau consommée par les citoyens.  

10. Pourquoi ne pas abandonner le puits de Chièvres et, à la place, utiliser une autre source d’alimentation en eau ?

L’utilisation du puits de Chièvres a été fortement réduite. Il ne peut être mis à l’arrêt que temporairement car il est nécessaire pour garantir la continuité de l’alimentation en eau. C’est pourquoi la SWDE a investi dans un traitement de filtration sur charbon actif au captage de Chièvres pour garantir une eau qui respecte les futures normes en matière de PFAS.

Le château d'eau de Chièvres est alimenté par le puits de Chièvres et l’adduction de la Dendre. L’eau provenant du puits de Chièvres est intégralement traitée par du charbon actif. 

La SWDE étudie la possibilité de trouver une solution ou des solutions structurelles pour se dispenser du puits de Chièvres. 

11. Que se passe-t-il en cas d’arrêt temporaire du puits de Chièvres ?

Le puits de Chièvres est mis à l’arrêt quelques heures lors du remplacement des filtres à charbon actif. Le château d’eau est rempli au maximum préalablement pour assurer la continuité de l’alimentation en eau.

12. Quelle est l’origine de la présence de PFAS dans le puits de distribution de Chièvres ?

L’origine de la présence de PFAS dans le puits de distribution de Chièvres n’est pas établie à ce jour. En effet, les PFAS sont des substances diffuses et persistantes, présentes dans un grand nombre de produits, notamment dans des mousses d'extinction d'incendie fluorées. Ces mousses anti-incendie étaient souvent utilisées sur les bases militaires. Il est possible dès lors que la contamination provienne de la base militaire de Chièvres, située à proximité.

L’ISSeP (Institut Scientifique de Service Public) a été chargé par le Gouvernement wallon de procéder aux recherches nécessaires pour identifier l’origine des PFAS dans le puits de Chièvres.

 

RONQUIÈRES

13. Est-ce que l’eau est potable à Ronquières ?

Oui, l’eau est potable à Ronquières. Elle respecte la législation en vigueur en matière de qualité, ainsi que la future norme de 100 nanogrammes/litre.

14. Y a-t-il un dépassement de la future norme de 100 nanogrammes/litre dans l’eau distribuée à Ronquières ?

Des résultats d’analyse isolés (1 résultat en novembre 2023 et 2 résultats en février 2024) ont fait apparaître un dépassement de la future norme de 100 nanogrammes/litre dans l’eau distribuée à Ronquières. La procédure légale de vérification et de surveillance accrue a été activée. D’une part, les mêmes échantillons ont été réanalysés: leurs résultats sont en deçà des 100 ng/l. D’autre part, de nouveaux prélèvements ont été réalisés et les résultats des analyses révèlent des teneurs en PFAS inférieures aux 100 ng/l. Ces résultats sont en phase avec ceux communiqués par Vivaqua quant au Feeder du Hainaut. 

La valeur médiane depuis ce 22 février 2024  est de 82 ng/l.  Des analyses seront encore effectuées régulièrement à Ronquières. Cette valeur médiane continuera donc à évoluer.

15. Est-ce que la teneur en PFAS dans l’eau de Ronquières va diminuer ?

La SWDE recherche des solutions techniques pour faire en sorte que la teneur en PFAS dans l’eau de distribution diminue. Elle reste en contact à ce sujet avec la commune de Braine-le-Comte, Vivaqua et les autorités régionales.

Vivaqua a informé avoir récemment remplacé les charbons actifs pour traiter l’eau d’une batterie de puits. La société d'eau bruxelloise a confirmé opérer une gestion pour être à 75 ng/l à la sortie d’Ecaussinnes. 

 

LE FEEDER DU HAINAUT

16. Qu'est-ce que le Feeder du Hainaut ? 

Le Feeder du Hainaut est une adduction de Vivaqua qui part de ses captages à Nimy et Ghlin. Il remonte jusqu’à la région bruxelloise. Vivaqua fournit cette eau à la SWDE, IDEA, in BW, De Watergroep et Farys pour alimenter une partie de leurs réseaux de distribution. 

La SWDE est raccordée au Feeder du Hainaut de Vivaqua pour l’alimentation en eau des zones de distribution 1102, 1106, 1147 et 1360. Les communes concernées en tout ou en partie sont Braine-l’Alleud, Braine-le-Château, Braine-le-Comte (Ronquières – voir point précédent), Ecaussinnes, Ittre, Le Roeulx (quelques raccordements), Seneffe (quelques raccordements), Soignies (quelques raccordements) et Tubize.

Quelle est la zone de distribution dans laquelle vous vous situez ? Quelle est la qualité de l'eau qui y est fournie ? Comment consulter les rapports d'analyse complets ?  Rendez-vous sur cette page pour comprendre la voie à suivre pour avoir une réponse à ces trois questions.

17. L’eau en provenance du Feeder du Hainaut de Vivaqua est-elle conforme à la future norme en matière de PFAS ?

Vivaqua s’engage à livrer une eau respectant les normes en vigueur en Wallonie, en ce compris l’instruction ministérielle du 30 novembre 2023 de respecter d’ores et déjà la norme de 100 ng/l pour la somme de 20 PFAS.

Vivaqua confirme l’absence de dépassement de ce seuil dans le cadre des analyses hebdomadaires depuis 2023.

Une procédure de vérification a été menée en novembre 2023 et en février 2024 suite à la réception de résultats d’analyse isolés (un résultat en novembre 2023 à Ronquières et 3 résultats en février 2024, dont 2 à Ronquières et 1 à Tubize) ont fait apparaître un dépassement de la future norme de 100 nanogrammes/litre dans l’eau distribuée. 

D’une part, les mêmes échantillons ont été réanalysés. Leurs résultats sont en deçà des 100 ng/l. D’autre part, de nouveaux prélèvements ont été effectués. Les résultats des analyses révèlent des teneurs en PFAS inférieures aux 100 ng/l. Ces résultats sont en phase avec ceux communiqués par Vivaqua quant au Feeder du Hainaut. 

18. Pourquoi un biomonitoring régional pour les personnes alimentées en eau en Wallonie par le Feeder du Hainaut 

L’eau distribuée aujourd’hui présente partout une teneur en PFAS inférieure à la future norme. C’est également le cas pour l’eau en provenance du Feeder du Hainaut de Vivaqua.

Le monitoring général des eaux de distribution en Wallonie, réalisé entre septembre et décembre 2023, a montré que les teneurs en PFAS de l’eau en provenance du Feeder du Hainaut de Vivaqua sont plus élevées en moyenne que celles observées dans l’eau distribuée dans la majorité des autres zones de distribution, tout en respectant la future norme PFAS. 

En décembre 2023, Vivaqua a informé les autorités régionales et la SWDE d'un dépassement à 10 reprises de la future norme de 100 ng/l pour la somme de 20 PFAS entre octobre 2021 et décembre 2022. Le dépassement le plus élevé a été mesuré à 147 ng/l. 

C’est pourquoi, à l’instar de ce qui a été fait dans d’autres zones où des dépassements de la future norme PFAS ont été constatés par le passé, la Wallonie a décidé de permettre aux personnes qui auraient consommé une eau fournie par le Feeder du Hainaut de Vivaqua de participer à un biomonitoring (une campagne de prélèvements et d'analyses sanguines).

 

EN WALLONIE

19. Comment les PFAS sont-ils détectés dans l’eau de distribution ?

L’analyse des PFAS s’effectue en utilisant des appareils de laboratoire performants. La technologie utilisée est la chromatographie liquide à haute performance (HPLC) couplée à la spectrométrie de masse (MS). Cette technique permet de séparer, identifier et quantifier les PFAS dans les échantillons.

Les niveaux de concentration recherchés sont particulièrement faibles. Ils nécessitent des équipements performants et une grande rigueur lors de l’analyse, vu que ces substances également présentes dans les laboratoires peuvent perturber les résultats finaux.  

A ce jour, il n’existe pas de laboratoire accrédité en Wallonie pour analyser les 20 PFAS prévus par la future réglementation. Les analyses de la SWDE sont actuellement effectuées par un laboratoire situé en Allemagne.

20. Y a-t-il des PFAS dans l’eau du robinet en Wallonie ?

En 2018, a été finalisée une étude commanditée par la Région wallonne et menée par un consortium de laboratoires dont la SWDE fait partie. Les résultats sont disponibles sur le site internet du service public wallon (Programmes de recherche IMHOTEP et BIODIEN - Directive-cadre sur l'Eau en Wallonie - SPWARNE © HB). Les conclusions de cette étude étaient rassurantes quant à la probabilité de retrouver des PFAS dans les eaux destinées à la consommation humaine.

Un dépassement de la future norme PFAS de 100 nanogrammes/litre a été observé au puits de Chièvres jusque début 2023. Suite à la mise en service de deux unités de filtre à charbon actif afin de traiter les eaux provenant de ce puits, l’eau qui alimente le château de Chièvres répond depuis avril 2023 aux futures exigences en matière de teneur maximale admissible en PFAS.

En septembre 2023, le Gouvernement wallon a décidé de lancer un monitoring des PFAS dans l’eau de distribution sur l’ensemble du territoire wallon.

21. Qu’est-ce que le monitoring régional PFAS dans l’eau de distribution ?

Le 5 septembre 2023, la SWDE a été chargée par le Gouvernement wallon de coordonner des analyses des teneurs en PFAS dans les eaux destinées à la consommation humaine et dans certaines eaux brutes potabilisables partout en Wallonie.

Ce travail se fait en collaboration avec le SPW-ARNE et l’ensemble des distributeurs d’eau. 

22. Quel est l’objectif du monitoring régional PFAS dans l’eau de distribution ?

Les objectifs du monitoring sont multiples :

  1. dresser un état des lieux exhaustif de la teneur en PFAS dans les eaux destinées à la consommation humaine (au niveau du robinet), ainsi que dans certaines eaux brutes potabilisables;
  2. exercer une surveillance permanente de la teneur en PFAS dans les eaux destinées à la consommation humaine;
  3. sur base des résultats obtenus, identifier le ou les captages en eau responsables de le présence de PFAS dans l’eau du robinet;
  4. mettre à disposition les résultats obtenus aux distributeurs d’eau pour qu’ils prennent les dispositions nécessaires pour garantir la sécurité sanitaire des consommateurs.

23. Quels sont les résultats du monitoring régional ?

Le monitoring régional PFAS a commencé en septembre 2023.

Depuis le 27 novembre 2023, la SWDE dispose des résultats sur l'ensemble de son réseau (278 zones de distribution). L'intégralité du réseau de la SWDE respecte la future norme en matière de PFAS (100 ng/l) qui entrera en vigueur en janvier 2026.

Le 11 décembre 2023, les résultats pour l'ensemble des 640 zones de distribution en Wallonie sont disponibles. 

24. Les résultats PFAS dans l’eau de distribution sont-ils disponibles ?

Les résultats sur la qualité de l’eau sont mis à disposition par les distributeurs.

La SWDE met en ligne depuis plusieurs années les rapports d’analyse de la qualité d’eau. Ils viennent d’être complétés avec la valeur médiane en PFAS au regard de la future norme de 100 nanogrammes/litre pour tous les réseaux qu’elle gère.

25. Comment consulter les résultats disponibles ?

Si votre distributeur est la SWDE, voici comment vous pouvez consulter les résultats des analyses selon votre localisation

Si vous n'êtes pas raccordé au réseau de la SWDE, nous vous conseillons de prendre contact avec votre distributeur d'eau afin qu'il puisse vous renseigner.

26. Quelle information est prévue en cas de dépassement de la future norme PFAS de 100 nanogrammes/litre ?

La SWDE applique désormais la norme PFAS comme si elle était déjà en vigueur. La commune et les clients concernés sont informés si un résultat d’analyse fait apparaître un dépassement de la future norme PFAS de 100 nanogrammes/litre. 

27. Quelles sont les recommandations sanitaires en cas de dépassement de la future norme PFAS de 100 nanogrammes/litre ?

Depuis le 14 novembre 2023 en cas de dépassement du seuil de 100 nanogrammes/litre, la Région wallonne recommande aux habitants concernés de ne plus consommer l’eau de distribution. En raison du potentiel perturbateur endocrinien de certains PFAS et du principe de précaution, cette recommandation est renforcée plus particulièrement pour les publics-cibles suivants : enfants et adolescents de moins de 18 ans, femmes en âge de procréer, femmes enceintes et allaitantes.

Sur base de l’avancée des connaissances scientifiques, les autorités sanitaires compétentes préciseront ces recommandations (alternatives à l’eau de distribution, différents usages de l’eau du robinet, etc). La FAQ mise à disposition de la Région wallonne sera complétée à ce sujet. Elle peut être consultée sur PFAS - Portail Environnement-Santé (wallonie.be).

28. Quelles solutions sont déployées en cas de présence de PFAS dans l’eau de distribution ?

Des traitements adaptés existent et sont efficaces pour limiter la présence des PFAS dans l’eau distribuée, dont le traitement de filtration sur charbon actif.

Le charbon actif présente un fort pouvoir adsorbant, c’est-à-dire qu’il retient à sa surface certaines molécules (dont les PFAS) qui entrent en contact avec lui.

L’efficacité du traitement par charbon actif est surveillée et évaluée au cours du temps. Le charbon actif subit un traitement de régénération dès que son sa capacité d’adsorption commence à décroitre.

La SWDE n'a pas attendu la crise des PFAS pour installer des filtres à charbon actif. Des sites de captage en sont déjà équipés, parfois depuis des décennies. La SWDE continue à investir régulièrement dans cette technique et dans d’autres traitements (par exemple, la nanofiltration) nécessaires pour rendre l’eau potable.

Les priorités sont fixées conformément aux analyses prévues dans le cadre de la gestion des risques sanitaires. 

L'utilisation de filtres à charbon actif pour rendre l'eau potable est une pratique courante dans de nombreux pays, y compris la Belgique. Ces filtres sont efficaces pour éliminer divers contaminants organiques, produits chimiques et mauvais goûts et odeurs de l'eau, la rendant ainsi plus sûre et plus agréable à boire. 

29. Pouvons-nous nous faire confiance aux résultats des analyses communiqués par la SWDE sur les teneurs en PFAS dans l’eau de distribution ?

Toutes les analyses d’eau communiquées par la SWDE sont effectuées par un laboratoire accrédité ISO 17025. 

L’ISO 17025 est une norme internationale qui reconnaît la compétence des laboratoires à produire des résultats valides.

Par conséquent, tous les résultats communiqués par la SWDE de manière transparente via son site Internet sont tout à fait fiables.

Concernant les PFAS, aucun laboratoire wallon n’est actuellement capable d’analyser lui-même la somme de 20 PFAS. Ce sont donc des laboratoires étrangers qui effectuent les analyses de la teneur en PFAS dans l’eau de distribution.

30. Quelles sont les personnes concernées par la campagne de prélèvements et d'analyses sanguines (biomonitoring) ?

L’ISSeP est chargé par la Région wallonne de l’organisation du biomonitoring. Les personnes concernées recevront un courrier de l’ISSeP leur offrant la possibilité de s’inscrire à ce biomonitoring.

 

LES PFAS

31. Que signifie PFAS ?

PFAS est l’acronyme anglais de « substances per- et polyfluoroalkylées ». Il s’agit d’une large famille de molécules regroupant près de 10.000 composés chimiques. Le point commun de ces composés est qu’ils sont tous composés d’une chaîne d’atomes de carbone sur laquelle des atomes de fluor ont été ajoutés.

32. Dans quels produits trouve-t-on des PFAS ?

Les PFAS ne sont pas des substances naturelles. Elles sont fabriquées par l’industrie chimique pour leurs propriétés particulières comme, par exemple, leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes, résistantes aux fortes chaleurs, etc. C’est la raison pour laquelle ces substances ont été largement utilisées dans des produits du quotidien comme, par exemple, les poêles, les vêtements imperméables, des papiers et emballages à usage alimentaire ou encore les mousses pour éteindre les incendies.

33. Les PFAS sont-ils dangereux pour la santé ?

Vu la grande diversité des molécules composant la famille des PFAS, les informations disponibles sur la toxicité de ces substances sont limitées à un petit nombre de molécules les plus communément utilisées.

Des effets toxicologiques de certains PFAS sur le foie, le système immunitaire, les reins, le système reproducteur… ont été rapportés chez les animaux. Des effets similaires ont été observés chez l’humain.

Les connaissances scientifiques concernant les effets sur la santé continuent à s’enrichir progressivement.

Pour plus d'informations à ce sujet : http://environnement.sante.wallonie.be/pfas

34. Pourquoi retrouve-t-on les PFAS dans l’environnement ?

En chimie, la liaison entre un atome de carbone et de fluor est extrêmement résistante, ce qui signifie une faible dégradation naturelle et donc une grande rémanence des PFAS dans l’environnement.

Cette persistance couplée à une large utilisation par l’industrie et les particuliers depuis les années 1950 fait que les PFAS s’accumulent partout dans l’environnement, notamment dans l’eau, au cours du temps.