À quels paramètres de qualité l’eau potable doit-elle satisfaire ? Qui fixe ces critères ?
L’eau distribuée au robinet doit respecter de nombreux paramètres de qualité. Ces exigences sont définies par les valeurs paramétriques fixées dans le Code de l’eau wallon (article 185 et suivants), que l’on appelle plus couramment des normes.
Les valeurs paramétriques sont établies sur la base de connaissances scientifiques et selon le principe de précaution. Elles tiennent notamment compte :
d’une consommation quotidienne d’eau pendant toute la vie (au moins 70 ans) ;
des marges de sécurité appliquées par rapport aux seuils toxicologiques (la concentration en-dessous de laquelle il n’y a pas d’effet) ;
des incertitudes scientifiques concernant les effets à long terme de certaines substances ;
de l’exposition globale aux différentes substances présentes dans l’environnement ;
L’eau distribuée par la SWDE fait l’objet de contrôles réguliers, réalisés selon un programme de surveillance strict afin de vérifier en permanence sa conformité aux normes de qualité (voir : https://www.swde.be/fr/controle-de-la-qualite-de-leau).
Comment connaître la composition de mon eau du robinet ?
La composition de l’eau varie en fonction du moment et de l’endroit du captage dont elle provient.
Il se peut que l’eau de votre robinet soit le produit d’un mélange d’eaux de diverses origines. Sa composition peut aussi dépendre du débit de chaque captage. Quelles que soient ces variations, l’eau potable sur notre réseau satisfait toujours aux normes légales.
Vous pouvez connaître la composition exacte de votre eau du robinet sur ce site.
une première analyse de votre eau (composition, dureté et acidité), ainsi que les informations sur sa provenance
le rapport détaillé téléchargeable reprenant l'ensemble des résultats de son analyse.
Vous pouvez encoder ici votre adresse pour connaître la qualité de votre eau.
Comment lire le rapport sur la qualité de l'eau ?
I. Rapport résumé :
Nombre de prélèvements dans votre zone
Le rapport résumé précise le nombre de prélèvements effectués dans la zone de distribution concernée. Tous ces prélèvements ont été effectués au robinet d’habitations situées dans votre zone de distribution.
pH de l’eau :
Le pH de l’eau désigne sa teneur en ions hydrogène. Son échelle de mesure se situe entre 0 et 14.
L’eau est dite acide si son pH se situe entre 0 et 6 ;
L’eau est dite basique si son pH se situe entre 8 et 14 ;
Le pH est dit neutre si sa valeur se situe aux alentours de 7.
L’eau distribuée, qu’elle soit traitée ou non, a un pH qui doit se situer entre 6,5 et 9,5. Il est fonction de la nature du sous-sol dans lequel elle est captée et parfois du traitement de potabilisation qui lui est appliqué.
Dureté
La dureté de l’eau (titre hydrotimétrique TH) s’exprime en degrés Français (°f) et correspond à la mesure de sa teneur en ions calcium et magnésium :
1°f = 4 milligrammes de calcium par litre ou 2,4 milligrammes de magnésium par litre.
On distingue les eaux :
« douces » (moins de 20 °f) ;
« moyennement dures » (entre 20 et 30 °f) ;
« très dures » (plus de 30°f).
Une eau très dure ne présente aucun risque pour la santé mais peut entrainer des désagréments tels que l'entartrage des tuyauteries et des appareils électroménagers ou encore la nécessité d'utiliser davantage de produits détergents pour le nettoyage. A l’inverse, une eau trop douce peut avoir un effet corrosif sur les canalisations et conduire à la présence dans l’eau de particules métalliques dissoutes issues des conduites. C’est pourquoi une eau trop douce est appelée « eau agressive ».
Il n’existe pas de norme légale maximale pour la dureté de l’eau. Cependant, pour éviter les risques liés à une eau agressive, la dureté d’une eau adoucie doit impérativement être supérieure à 10 °f.
Les principales caractéristiques minérales de votre eau
Parmi la centaine de paramètres que la SWDE contrôle, le rapport résumé indique les valeurs pour les principaux minéraux, tels qu’ils figurent sur les étiquettes des eaux en bouteille.
II. Le rapport complet à télécharger :
Pour télécharger ce rapport, nous vous invitons à suivre ce court tutoriel.
5. En fonction de l’adresse encodée, le rapport précise la zone de distribution qui vous concerne
En matière de qualité d’eau, les 37.000 km de canalisations qui constituent le réseau de la SWDE sont subdivisés en 276 zones de distribution (ZDE).
Une « zone de distribution d’eau » (ZDE) est définie par le Code de l’Eau (article D.2, 92°) de la manière suivante : « il s’agit d’une zone géographique dans laquelle les eaux destinées à la consommation humaine proviennent d’une ou de plusieurs sources et à l’intérieur de laquelle la qualité est considérée comme uniforme ».
Les limites des zones de distribution ne correspondent en rien aux limites communales. C’est la notion de source d’alimentation qui guide la fixation de leurs limites. Une même zone de distribution peut ainsi couvrir en tout ou en partie le territoire d’une ou de plusieurs communes. Il n’est ni rare, ni anormal d’avoir plusieurs zones de distribution dans une même rue. Il se peut, par exemple, que différents tronçons d’une même rue occupent des zones de distribution différentes et présentent donc des résultats d’analyse de la qualité d’eau différents.
Nom du paramètre contrôlé
L’ensemble des paramètres à contrôler pour pouvoir déclarer l’eau potable figure dans la législation wallonne appelée Code de l’eau (ajouter lien). Elle contient la transposition wallonne de la directive européenne sur l’eau destinée à la consommation humaine.
La liste de ces paramètres dans le temps en fonction des recommandations sanitaires, elles-mêmes établies en fonction de l’évolution des connaissances scientifiques et médicales. Par exemple, des paramètres sont ajoutés, tels les PFAS à partir de 2026.
Unité de mesure de l’analyse en laboratoire
La SWDE applique les unités de mesure recommandées par le Code de l’Eau. Celles-ci peuvent être de différents ordre de grandeur :
ng/l, soit le nanogramme par litre, qui équivaut à un milliardième de gramme par litre ;
µg/l, soit le microgramme par litre, qui équivaut à un millionième de gramme par litre ;
mg/l, soit le milligramme par litre, qui équivaut à un millième de gramme par litre.
Nombre d’analyses effectuées sur le paramètre
La SWDE effectue chaque année environ 20.000 prélèvements sur l’ensemble de son réseau. Tous les paramètres ne sont pas analysés à la même fréquence. Par exemple, ceux qui concernent la bactériologie sont contrôlés à plus haute fréquence que les pesticides.
Valeur médiane des résultats d’analyse
Les résultats d’analyses accumulés sur l’ensemble des zones de distribution de la SWDE représentent des centaines de milliers de données. Celles-ci sont extraites et regroupées dans un rapport propre à chacune des zones grâce à un programme informatique qui en extrait la valeur médiane pour donner une vue synthétique et représentative.
Seuil paramétrique à respecter
Les seuils paramétriques à respecter sont fixés par la législation wallonne.
Les valeurs paramétriques sont établies par le législateur sur base des connaissances scientifiques disponibles. Elles sont adoptées pour garantir que les eaux destinées à la consommation humaine peuvent être consommées sans danger pendant toute une vie, offrant ainsi un degré élevé de protection sanitaire.
Que faire lorsque j’ai des doutes sur la qualité de l’eau ?
La qualité de l’eau doit satisfaire aux normes légales de potabilité. Cette qualité est sévèrement contrôlée, mais un problème peut toujours survenir.
En cas de doute, contactez-nous. Votre demande fera toujours l’objet d’un examen attentif. En cas de nécessité, nous enverrons un technicien sur place pour une enquête plus approfondie. Il prélèvera éventuellement des échantillons d’eau. L’analyse au laboratoire déterminera les éventuelles mesures correctives à prendre pour rendre la situation conforme.
Est-il nécessaire d’installer des filtres pour améliorer la qualité de l’eau du robinet ?
Non car un traitement complémentaire de l'eau du robinet (anti-tartre, anti-corrosion, désinfection, filtration, etc.) installé sur le réseau intérieur d'un immeuble ou d'une habitation peut entraîner une altération de la qualité de l'eau.
Il est donc indispensable qu'une eau froide non traitée soit disponible dans chaque logement pour les usages alimentaires : boissons, préparations des aliments,... Avant d'installer un procédé de traitement complémentaire sur un réseau intérieur, il est nécessaire de vérifier son utilité au regard des caractéristiques de l'eau distribuée et des équipements à protéger.
Une maintenance et un entretien adaptés réguliers du dispositif de traitement sont par ailleurs indispensables pour réduire le risque de dégradation de la qualité de l'eau distribuée.
Pourquoi la SWDE publie des valeurs médianes dans le rapport d'analyse sur la qualité de mon eau?
Les données de la qualité de l’eau sont exprimées sur base de la médiane des résultats d'analyse obtenus sur la période considérée. La médiane offre une meilleure représentation de la qualité de l'eau sur l'ensemble de la période couverte par le rapport, indépendemment des variations locales ou des événements ponctuels. Rappelons que, lors des analyses réalisées durant la période couverte par le rapport, si un dépassement d'une norme en vigueur est constaté, la SWDE déclenche immédiatement une procédure de non-conformité.
L’eau prélevée en milieu naturel est-elle potable à l’état brut ?
Quelle que soit sa provenance (souterraine ou de surface), l’eau prélevée ou captée dans le milieu naturel doit subir un traitement. Il est donc déconseillé de la boire à l’état brut.
Pourquoi l’eau venant du circuit d’eau chaude n’est-elle pas potable ?
Par eau chaude, on désigne l’eau provenant d’un chauffe-eau (boiler) ou du préparateur d’eau chaude combiné au chauffage central. Cette eau n’a plus la qualité de l’eau potable, même si elle est refroidie par la suite, car le réchauffement provoque de multiples modifications :
certaines bactéries profitent de la température favorable pour se multiplier, surtout dans les parties du circuit où l’eau est tiède plutôt que vraiment chaude ;
l’eau chaude accélère la corrosion, elle dissout plus facilement certaines substances des tuyauteries et peut donc contenir nettement plus de cuivre, de fer, de nickel, de zinc ou de plomb que l’eau froide.
Prenez donc toujours l’eau au robinet d’eau froide pour boire, cuisiner et même préparer des boissons chaudes. Si votre cuisine est équipée d’un robinet mélangeur, assurez-vous qu’il est en position “eau froide” et laisser s’écouler un peu d’eau avant de la consommer.
2. Que se passe-t-il en cas de détection d’une non-conformité ?
La SWDE agit dans le cadre de son Plan Interne d’Urgence et d’Intervention (PIUI) établit lorsqu’un événement risque d’altérer la qualité de l’eau destinée à la consommation humaine. Ce plan est actualisé chaque année et soumis à l’approbation de l’autorité régionale wallonne. Les principales actions prises sont :
Vérification et confirmation de la non-conformité, avec le cas échéant la reprise d’un échantillon pour analyse.
Identification des causes possibles de la non-conformité et des mesures correctrices éventuelles à prendre. Si la non-conformité est confirmée, l’évènement est déclaré à l’autorité sanitaire (le SPW-ARNE…) et est enregistré dans la base de données SIQuEP. La SWDE met en œuvre les mesures correctrices pour rétablir la conformité de l’eau dans les plus brefs délais.
Si dans les 6 heures qui suivent cette déclaration, la situation est rétablie, la non-conformité est clôturée. Elle reste néanmoins enregistrée dans la base de données avec lesquelles le SPW-Arne établit son bilan annuel de la qualité de l’eau en Wallonie. Dans une situation comme décrite ci-dessus, en l’absence de danger immédiat pour la santé, seule l’administration wallonne est informée.
3. Quand une non-conformité peut devient une non-potabilité ?
Si dans les 6 heures qui suivent la déclaration de l’évènement à l’autorité sanitaire les moyens nécessaires pour rétablir la situation ne peuvent pas être mis en œuvre et que cette situation expose les clients concernés à un danger immédiat pour la santé selon l’avis de l’autorité sanitaire régionale, l’eau est alors déclarée non potable. Les habitants et les communes concernés sont alors immédiatement informés. Voir : Qualité de l’eau - Eau non potable | SWDE
4. Quand un avis de non-potabilité est-il levé ?
Lorsque les moyens déployés pour corriger la situation menant à la conformité fonctionnent et que les analyses effectuées sur les échantillons prélevés dans la zone impactée confirment que toutes normes sont à nouveau respectées, la SWDE en informe l’autorité sanitaire et redéclare l’eau à nouveau potable.
Les habitants et les communes concernées sont immédiatement informés du retour à la normale.