De l'eau pour tous en Tunisie? Aujourd'hui,oui! Mais demain?
La SWDE a répondu il y a trois ans à un appel à candidatures européen, en association avec des partenaires français et autrichiens pour un un projet d'aide européenne au gouvernement tunisien pour améliorer le contrôle de la ressource eau Tunisienne et la gestion du Domaine Public Hydraulique (DPH). La SWDE a été désignée pour piloter ce projet, un moment perturbé par la crise du COVID.
En matière d'eau, il y a deux Tunisie : la Tunisie du Nord où les réserves sont abondantes et une Tunisie du Sud, beaucoup plus aride. Historiquement, le gouvernement tunisien à développé des infrastructures permettant le transport d'importants volumes du Nord vers le Sud. Cela a permis par exemple de promouvoir le développement d'acticités agricoles tournées vers l'exportation.
Pour une stratégie globale de préservation de la ressource
Depuis plusieurs années, en dehors de ces grandes infrastructures, de nombreux pompages sont apparus dans le sous-sol, sans véritable mesure de leur impact sur les réserves souterraines et leur renouvellement. De nombreux pompages clandestins ont également vu le jour.
"La compétence du contrôle de l’eau en Tunisie est diluée entre 5 ministères et des dizaines d’instances différentes. Sur le fond, il a fallu initier une organisation des institutions orientées protection des ressources en eau." témoigne Marc Closset, responsable de la gestion des ressources en eau à la SWDE et coordinateur du projet.
Désormais, un plan de contrôle des ressources en eau existe dans trois zones pilotes (Nabeul, Sidi Bouzid et Zaghouan). L’idée étant ensuite de déployer le modèle à l’ensemble du pays.
La deuxième phase consistait à mettre en place l'organisation des contrôles, avec un système qui fonctionne pour pour lutter par exemple contre les captages clandestins. Un vrai challenge quand on sait l'éclatement des compétences en la matière en Tunisie.
Des modes opératoires existent décrivant le champs d'action et les compétences d'une nouvelle fonction : contrôleur au service du Domaine Public Hydraulique. En parallèle, des ateliers on planché sur le programme de formations que devront suivre les candidats à cette nouvelle fonction.
"Ce travail de réflexion collective au-travers de comités interministériels que nous avons initiés a certainement contribué à une meilleure collaboration entre toutes les instances en charge des ressources hydriques." ajoute encore Marc Closset.
Qui dit "contrôle", dit également "sanctions"!
En Tunisie, la législation en matière d’environnement est désuète et les sanctions très faibles. La plus grosse amende en la matière avoisine les 15 €. Un nouveau projet du Code des eaux prévoit de renforcer la protection des ressources en eau en améliorant les règles de gestion. Des réunions de travail ont également eu lieu avec la magistrature locale pour faire évoluer la situation.
Des partenaires tunisiens sont venus observer ce que nous faisions ici en Wallonie en matière de respect de la législation sur les prises d'eau et nous avons également initié des formations dans les écoles de magistrature pour une meilleure sensibilisation à la cause environnementale.