Les bâtiments de la SWDE passent au scanner

27.08.2019
 

La SWDE compte 1.354 ouvrages et châteaux d'eau répartis sur 208 communes wallonnes. Héritage d'un passé parfois ancien, certains plans d'origine ne sont plus tout à fait exacts, ou font carrément défaut. Grâce à un scanner, la SWDE parvient désormais à en reconstituer les plans en 3 dimensions, avec une précision de l'ordre du millimètre. Avec le concours d'un drône, les enveloppes extérieures des ouvrages sont également inspectées en détail sans aucun problème d'accessibilité. Les éventuels dégâts peuvent être détectés beaucoup plus rapidement.

« L’idée de recourir à la technologie d’un scanner 3D pour numériser nos ouvrages est venue d'un reportage  sur les secrets du Colisée à Rome », confesse-t'on au Bureau d'Etudes de la SWDE, service Bâtiments.  C’est comme si l’amphithéâtre romain était passé aux rayons X, révélant ses entrailles les plus dissimulées avec une infinie minutie de détails. Il n’en a pas fallu davantage pour qu’apparaissent, comme une évidence, tous les avantages qu’un tel petit bijou de technologie de précision pouvait apporter à la réalité de terrain de la SWDE.

Des prises de mesure et d’image ultra précises

Le service Bâtiments du Bureau d’Études effectue des expertises d’ouvrages et d’infrastructures pour lesquelles il est indispensable de disposer de mesures détaillées et fiables. Déplacé en plusieurs endroits judicieusement choisis du bâtiment à diagnostiquer, le scanner laser permet de créer une copie virtuelle de l’ouvrage (intérieur et extérieur). Des centaines de millions de points la composent. Cette constellation de points est assemblée par l’équipe de dessinateurs (avec l’aide d’un logiciel) pour créer un plan en 3D d’une précision incomparable (marge d’erreur : 2mm).

Cette modélisation se complète d’une reconstitution de l’ouvrage en image de très haute définition, grâce à l’appareil-photo intégré au scanner

Ni les vieux plans, ni les métrés manuels ne peuvent rivaliser de fiabilité avec les mesures et cotes relevées par le scanner. Ainsi, dans le cas d’un récent dossier de rénovation du château d’eau de Spy (cf. illustration), une différence de 1 mètre de hauteur au niveau de la cuve a été constatée entre les plans existants et la reconstitution 3D !

Exemple : le château d'eau de Spy

Quels gains pour la SWDE ?

Gain d’argent : des métrés précis dans les dossiers de rénovation, de transformation ou d’aménagement permettent d’établir des budgets qui se rapprochent au plus près de la réalité. Finis les mauvaises surprises consécutives à une erreur de calcul et les dépassements budgétaires qui pouvaient en découler suite aux correctifs réalisés par entrepreneur…

Gains de temps : un relevé intégral d’un bâtiment technique mobilisait en général 2 hommes (un dessinateur et un contrôleur) pendant 2 jours. Une seule personne suffit aujourd’hui pour réaliser toutes les numérisations nécessaires. L’opération peut être bouclée en une demi-journée. Cette économie de temps engendre également des économies de carburant puisqu’un seul déplacement suffit.

Les numérisations 3D offrent un grand choix de possibilités de visualisation. Elles autorisent, par exemple, les visites virtuelles des ouvrages scannés ; un peu comme le permet Google Street View. Elles offrent une vue d’ensemble à 360° en qualité photo qui facilite les analyses visuelles de l’espace pris en compte et de tous les éléments qui composent son décor. Tout ça, à distance, sur un simple écran d’ordinateur.

Quelques exemples d’utilisation pratique

Dans le cadre d’appel d’offres, les entreprises participantes pourraient consulter les vues d’ensemble haute résolution sur Internet et remettre des offres calculées avec précision. Pas besoin de multiplier les visites pour chacune d’entre elles.

Un peu comme des chirurgiens qui opéreraient à distance, les ingénieurs en électromécanique peuvent détecter des défauts dans des équipements (ex : des canalisations à l’intérieur d’un château d’eau) et commander les travaux à effectuer.

Comme complément d’apprentissage, l’application permet à toute personne qui a reçu une formation de se promener dans l’espace et de zoomer à l’envi sur les pièces qu’il souhaite examiner de plus près.

Drône d’engin

L’acquisition d’un drône a précédé celle du scanner. Parce que les expertises des toits des châteaux d’eau sont rendues très délicates, voire impossibles à cause de leur inaccessibilité ou du danger que représentent les radiations des antennes gsm.

Equipé d’une caméra proposant une qualité d’image 4K (comme dans le cinéma numérique), le drône permet notamment le survol et l’examen des ouvrages fragilisés, sur leur hauteur, par les intempéries (perte d’étanchéité des toitures, murs qui s’effritent, etc.).

Couplées aux photographies prises par le scanner, les images enregistrées par le drône peuvent être utilisées pour reconstituer complètement la « peau » de l’ouvrage dans le cas d’une modélisation 3D.

L’utilisation du scanner et du drône pourrait être envisagée dans une vision plus stratégique de planification et de priorisation des cas de rénovation. Cette mission à long terme nécessite la numérisation de l’ensemble de nos ouvrages