La SWDE, partenaire pour une gestion durable de l'eau au Burkina Faso

29.03.2019
 

La SWDE et la Société publique de gestion de l'eau en charge du traitement des eaux usées en Wallonie (SPGE)  ont été sollicitées pour aider l'Office National de l'Eau du Burkina Faso (ONEA) dans la mise en place de trois projets visant une gestion de l'eau plus durable.

L'Office National de l'Eau et de l'Assainissement - ONEA -  investit pour garantir l'accès à l'eau potable à l'ensemble de la population du Burkina Faso.  Le défi, dans un pays qui connait des zones arides est aussi de gérer la ressource de manière durable.  L'Agence Wallonne de l'Air et du Climat  (AWAC) soutient l'ONEA dans l'amélioration du rendement et de l'efficacité de ses infrastructures. Concrètement, cette aide s'est traduite par la mise en place de trois projets permettant de réduire les volumes perdus et de réduire l'énergie consommée pour produire, distribuer et traiter l'eau.

La Société wallonne des eaux et la SPGE ont été sollicitées par l'AWAC dans le cadrre de ce projet.

Trois domaines d'intervention ont été identifiés avec la mise en place de projets pilotes à la clé 

1. La protection des captages

L'ONEA alimente son réseau de distribution à partir de centaines de captages. Certains doivent être mis à l'arrêt parce que pollués. Parfois, des forages sont entrepris alors qu'ils mènent à une ressource qui s'avère difficilement exploitable. La SWDE a formé une équipe de l'ONEA à l'utilisation de différentes techniques permettant de suivre régulièrement la qualité des eaux d'un site de captage ou à la contrôler avant le forage de nouveaux puits. Cette méthode, complétée par des mesures de protection des captages, permet de réduire les forages inutiles et de maintenir en activité les puits existants, en détectant les éventuels problèmes suffisamment tôt pour pouvoir prendre les mesures correctrices.

2. La performance des réseaux de distribution

Les fuites sont inhérentes au fonctionnement d'un réseau de distribution.  Les facteurs qui provoquent des fissures dans les canalisations sont nombreux.  Il est possible, par contre, de mettre en place des stratégies pour repérer plus rapidement les fuites (90% d'entre elles restent enterrées et donc invisibles) afin de diminuer les volumes perdus.  Pour le Burkina Faso, où la ressource est précieuse, c'est un enjeu majeur.  D'autant que, moins d'eau perdue c'est également moins d'énergie et moins de produits chimiques consommés pour la produire.  La ville de Koudougou a servi d'expérience pilote.  La méthode mise en place a consisté à créer une zone alimentée par un seul point d'entrée muni d'un compteur et de faire en sorte que le relevé de ce compteur parvienne quotidiennement à l'ONEA.  Il est possible alors de constater très rapidement une consommation anormale et d'effectuer une campagne de recherche de fuite. Cette méthode de travail et les moyens techniques déployés à cet effet ont permis, par exemple à la SWDE de récupérer près de 5,5 millions de m³ sur son réseau au cours des 3 dernières années.

3. Le traitement des eaux usées par lagunage

Les stations de traitement des eaux usées peuvent être très énergivores.  Mais des solutions laissant la nature faire son "oeuvre" sont également envisageables.  Une unité de traitement par lagunage a vu le jour à Kosodo, près de Ouagadougou sous la supervision de la SPGE.  Les eaux usées y transistent désormais par des containers composés de sols reconstitués et de végétation.  En sortie, l'eau a retrouvé une qualité bien supérieure à celle issue des dispositifs utilsés précédemment.

Tous ces projets pilotes seront déployés sur l'ensemble du territoire du Burkina Faso dans les années qui viennent.